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Les 12 lois de la pédagogie moderne

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Loi II

steinner 19 août 2022

JE DOIS ME RESPECTER, AVANT DE RESPECTER LES AUTRES

Moi ou l’autre?

Bien que cette loi puisse paraître évidente pour certains, elle ne l’est pas pour la grande majorité des gens. Non seulement un pédagogue ne peut être réellement efficace s’il ne se respecte pas lui-même, mais en plus, c’est souvent le respect des autres qui est privilégié dans l’éducation.

Nous n’entendons presque jamais dire « respecte-toi donc! ». Mais nous entendons fréquemment « tu dois apprendre à respecter les autres! ».

Le respect des autres est une bonne chose. Mais est-il vraiment possible si une personne ne se respecte pas elle-même?

Lorsque nous nous respectons personnellement, nous nous aimons et nous connaissons notre valeur, nos capacités et nos limites.

Une personne qui se respecte n’est pas sensible aux insultes et n’a pas besoin de justifier ses pensées, ni envers elle, ni devant les autres. Elle n’a pas peur du neuf, de la vie ou de l’avenir. Elle n’a pas besoin que les autres soient comme elle, ou elle, d’être comme les autres. Elle est bien dans sa peau et dans sa tête.

Elle n’attaque pas les autres en gestes ou en paroles. Elle ne se juge pas et ne juge pas les autres car elle n’a pas besoin de les rabaisser pour se sentir supérieure. Elle vit sérieusement, mais ne se prend jamais au sérieux. Elle sait rire, s’amuser, travailler et se reposer.

Le respect et la crainte

Le respect de soi-même est une denrée rare sur la Terre. Peu de gens savent ce que c’est. Depuis toujours, nous avons mélangé le mot RESPECT et le mot CRAINTE. Dans la majorité des systèmes d’éducation, ce n’est pas le respect qui est enseigné mais la crainte:

La crainte de l’autorité au lieu du respect de l’autorité. La crainte de Dieu au lieu du respect de Dieu.
La crainte de la société au lieu du respect de la société.

La crainte des parents au lieu du respect des parents.
La crainte des punitions reliées aux règlements au lieu du respect des règlements. La crainte… au lieu du respect…

Lorsque j’étais à l’école, j’ai connu un garçon qui passait une grande partie de son temps à faire des poids et altères au lieu d’étudier. Il disait à qui veut l’entendre qu’il se faisait des muscles pour être respecté dans la rue.

Jamais il n’a été respecté. Plus ses muscles grossissaient, moins il était respecté. Par contre, il était beaucoup plus craint.

Lui-même ne se respectait pas. Il perdait une grande partie de sa vie de jeune à se faire des muscles pour être craint des autres. Quel temps perdu pour rien. Il se prenait au sérieux, ne vivait pas sérieusement et était craint.

Les exemples du mélange entre le respect et la crainte sont nombreux. Le plus souvent, à l’école comme à la maison, ce n’est pas le respect qui est enseigné mais la crainte.

Les sous-lois du respect

Posons-nous la question suivante: « Pouvons-nous respecter quelqu’un qui n’est pas respectable? »

La réponse est NON. Si nous pensons respecter une personne qui n’est pas respectable, c’est que nous la craignons.

Mais attention, cette mécanique peut être subtile. Il se peut très bien que nous ayons l’impression de respecter une personne ou un règlement parce que nous craignons autre chose. Un élève peut avoir l’impression qu’il respecte son professeur. Mais il peut sembler le « respecter » uniquement parce qu’il craint les conséquences du « manque de respect ».

1- Si je ne me respecte pas, je ne peux être respectable.
2- Si je ne suis pas respectable, je ne serai pas respecté, au mieux, je serai craint. >3- Le respect ne peut être imposé, seule la crainte peut être imposée.
4- Pour se respecter, il faut avoir confiance en soi et s’aimer.
5- Pour respecter les autres, il faut se respecter d’abord.

Parmi les problématiques du manque de respect personnel, il y a la culpabilité, l’auto?jugement, l’auto?condamnation, la dévalorisation et le médiocrisme. Toutes les formes de complexes, d’infériorité comme de supériorité, sont des effets du manque de respect envers soi.

La loi « JE DOIS ME RESPECTER AVANT DE RESPECTER LES AUTRES » est essentielle à tout être humain qui veut vivre heureux. Elle est de par le fait même, essentielle à toute personne qui doit éduquer un jeune, quel que soit son âge.

Qu’est-ce que se respecter ?

JE DOIS ME RESPECTER veut dire :

1- J’ai droit à mes idées.
2- J’ai droit à mes pensées.
3- J’ai droit à mes émotions.

4- Je ne suis par parfait(e), je fais ce que je peux.

5- J’ai le corps que j’ai. Si je peux l’améliorer, je le fais, mais je l’aime profondément car il me permet de vivre, de connaître le monde et de m’exprimer.

6- Je me donne le repos dont j’ai besoin, tant du point de vue mental, émotif que physique. 7- Je me donne ce que je mérite. Je pense à me récompenser, à m’encourager et à me choyer.

8- Je m’exprime librement, sans attirer les problèmes autour de moi, car j’aime bien la paix, la tranquillité et le calme.

9- Je me laisse aimer par les autres et je m’autorise à les aimer.

10- Je m’autorise à jouer, à m’amuser et à rire.

11- Je ne me prive pas des choses, des gens ou des événements et je profite au maximum de tout ce qui passe.

J’ai droit à mes idées

Il est important de ne pas penser que nos idées sont nécessairement moins bonnes que celles des autres. Très souvent, nous demandons l’opinion de quelqu’un lorsque nous avons une décision à prendre, alors que ce dernier aussi fait la même chose lorsque c’est à son tour de prendre une décision.

Lorsque nous avons un problème à régler, il nous arrive, là aussi, de demander l’opinion d’un autre. Puis, nous agissons en fonction de ce qu’il nous a dit, ou bien nous oublions tout. Mais comment expliquer que la personne qui nous conseille, un ami ou un professionnel, ne soit pas capable de prendre des décisions lorsqu’il s’agit de sa propre vie?

Pouvons-nous réellement nous fier aux idées d’une personne qui semble en avoir de bonnes que pour les autres?

« Mon ami me conseille et je trouve ses idées pleines de bon sens. Moi aussi je le conseille, et il me trouve très intelligent ».

Si nous sommes tous utiles à quelqu’un d’autre, pourquoi le sommes?nous moins, ou pas du tout ,avec nous-mêmes?

Parce que nous croyons que les idées des autres sont meilleures que les nôtres. Voilà pourquoi.

Bien souvent, nous ne voulons pas de nouveaux conseils, mais nous recherchons seulement la confirmation de nos idées. Nous nous fions souvent bien plus aux autres qu’à nous?même, même si, souvent, les autres se fient à nous. En réalité, nos idées sont au moins aussi bonnes que celles des autres.

Rien n’empêche de demander des opinions ou des conseils. Cela peut être fort utile dans plusieurs occasions. La question n’est pas là. Il ne faut pas devenir renfermé sur soi-même. L’ouverture d’esprit, la cueillette des idées et les échanges entre les gens sont une bonne chose. Mais, il ne faut plus dévaloriser ses idées uniquement parce qu’elles sont les nôtres.

Nous avons droit à nos pensées

Nos pensées, notre vision de la vie, notre philosophie intérieure, nos croyances, nos goûts… tout cela nous appartient et est valable. C’est une grande part de ce que nous sommes. Si nous dévalorisons nos pensées, c’est nous que nous rabaissons.

Rien ne nous empêche de partager notre vie intérieure et de voyager dans celle des autres, mais nous ne devons pas minimiser ce que nous sommes.

Il est aussi très dangereux de prétendre avoir les meilleures pensées du monde, car c’est là l’expression de quelqu’un qui veut se convaincre qu’il n’est pas médiocre. Nous devons nous permettre de penser, de philosopher, car c’est ainsi que nous nous formons le plus et le mieux.

J’ai droit à mes émotions

J’aime, je n’aime pas… J’ai peur, je suis courageux… Nos pensées nous amènent un grand nombre d’émotions. Celles-ci sont le reflet de notre constitution intérieure.

L’émotion n’est pas une pensée, mais bien son expression dans notre corps. Les gens parlent quelquesfois de « bonnes » et de « mauvaises » émotions. En fait, il n’existe pas de telles différences. Une émotion est une expression neutre de notre pensée dans notre corps.

C’est plutôt la façon dont elle s’exprime qui peut avoir un effet positif ou néfaste sur nous. Plus une émotion est clairement exprimée, moins elle a de chance de nuire à notre santé. Plus elle est bloquée, retenue, interdite ou contrôlée, plus elle a de chances d’être mauvaise pour notre corps.

L’expression de la pensée, dans le corps, est l’émotion. Cette expression est souvent retenue par le refus de notre pensée ou de nos émotions. Plus cette expression est retenue, refoulée disent certains, plus elle a de chances d’être dommageable pour nous.

Ce n’est donc pas la sorte d’émotion qui peut être mauvaise, mais la façon dont nous l’exprimons dans notre vie. Nous avons le droit d’être déçu, d’être heureux, d’aimer, etc. C’est parce que nous n’exprimons pas toujours au fur et à mesure ces états que nous finissons par avoir des émotions problématiques. Plus nous refusons ce que nous sommes, plus nous nous exposons au malheur et à la maladie.

Plus nous vivons immédiatement, instantanément, ce que nous sommes, plus nos émotions sont sainement exprimées dans notre corps et dans notre vie. C’est le refus de ce que nous sommes qui rend certaines de nos émotions néfastes, mais pas ce que nous sommes.

Je ne suis par parfait(e), je fais ce que je peux

Combien de fois entendons-nous des expressions comme: « Avoir su…, si j’avais su…, ce n’est pas de ma faute, je ne savais pas… »

Qui, de bonne foi, agit mal envers lui-même, ou ceux qu’il aime ?

Personne!

Nous faisons toujours ce que nous pouvons. Nous donnons toujours notre maximum, quoi que nous en pensons ou quoi qu’on nous dise.

Nous ne commettons même pas de véritables erreurs… Si nous avions su, nous ne l’aurions pas fait, n’est?ce pas? Qu’est?ce une erreur sinon se faire jouer par la Vie elle-même.

Il se peut que nous n’ayons pas l’énergie pour faire une chose, mais cela est indépendant de notre vouloir. Nous voudrions le faire, mais nous n’y parvenons pas, faute de volonté. Mais où pouvons-nous en trouver de la volonté?

Nulle part! Nous faisons ce que nous pouvons. Nous ne sommes pas parfaits. Donnez?moi de la volonté et je soulèverai le monde… En attendant je ne peux que faire mon possible, aussi petit ou grand soit-il.

J’ai le corps que j’ai. Si je peux l’améliorer, je le fais, mais je l’aime profondément car il me permet de vivre, de connaître le monde et de m’exprimer.

Qui n’a pas un bouton mal placé ?

Notre corps est le reflet de ce que nous sommes. Ne pas l’aimer, c’est nous rejeter. Et il ne sert à rien de nous dire que notre nez est « réellement » trop long… ou que notre ventre est « vraiment » très laid…

C’est notre vision des choses qui est en faute et pas notre corps.

Des personnes aux cheveux blonds préféreraient les avoir noirs. D’autres, aux cheveux roux, les voudraient blonds. Et les hommes qui n’en n’ont plus les prendraient bien n’importe comment…

Nous devons cesser de rejeter notre corps ou certaines de ses parties. Il faut, bien sûr, améliorer la QUALITÉ de celui-ci, afin de rendre notre vie plus confortable et plus agréable, mais il faut cesser de se juger à partir de comparaisons entre nous et les autres.

IL FAUT VIVRE AUSSI !

Il faut apprendre à relaxer face à nous, face à notre corps et face à notre esprit. Il faut vivre ici et maintenant, tout en améliorant ce qui peut l’être. Mais sans en faire une maladie.

Ne trouvez-vous pas bizarre que tout le monde peut être aimé par quelqu’un, même s’il ne s’aime pas lui-même? Les chauves, souvent, n’aiment pas leur tête, pourtant, ils sont quand même aimés par leurs amis, leur femme et leurs enfants.

Certaines femmes n’aiment pas leurs seins, mais il y aura toujours un homme pour les aimer…

Tout ce que nous n’aimons pas peut être aimé par quelqu’un d’autre. Qui y a-t-il de différent chez autrui?

Leur vision du monde et des choses, c’est tout. Dans certains pays, les grosses femmes sont belles. Ailleurs, c’est l’inverse. Alors, certaines femmes mangent et engraissent pour être belles, tandis que d’autres cherchent à maigrir dans le même but.

Que de complications…

Il faut s’accepter comme nous sommes et il faut améliorer ce qui est intelligent et utile d’être amélioré.

Je me donne le repos dont j’ai besoin, tant sur le point de vue mental, émotif que physique

Une personne qui se respecte s’occupe d’elle. Elle passe avant TOUT, parce qu’elle sait que si elle n’est pas bien, elle ne pourra pas être à la hauteur de ses possibilités.

Un parent fatigué ne peut pas être un bon éducateur. Un enfant fatigué ne peut pas être un bon élève. Il faut veiller à se donner le repos nécessaire et seules les personnes qui se respectent, ou qui sont malades, le font.

Je me donne ce que je mérite. Je pense à me récompenser, à m’encourager et à me choyer.

Combien de parents vont magasiner pour s’acheter quelque chose… et reviennent avec des effets pour les enfants? Trop!

Une personne qui se respecte sait faire la différence entre ses besoins, ses nécessités et celles des autres. Elle va penser aux autres, elle va s’occuper de ceux qu’elle aime, mais elle s’occupera d’elle en premier.

Il y a beaucoup de personnes qui, si elles ont mal à la tête, ne feront rien pour le faire passer. Elles vont l’endurer. Mais si c’est un de leurs enfants, ou une personne qu’elles aiment qui est malade, elles vont tout faire pour le ou la soulager. Trop souvent, nous faisons aux autres ce que nous devrions faire pour nous-mêmes.

Il n’est pas question d’en faire moins pour ceux que nous aimons, du moins pas dans la majorité des cas, mais il faut se traiter comme nous traitons notre entourage.

Je m’exprime librement, sans attirer les problèmes autour de moi, car j’aime bien la paix, la tranquillité et le calme.

Une personne qui se respecte ne passe pas sa vie à cacher ce qu’elle est, pense et vit. Elle a une opinion, des idées, des réflexions, une expérience et elle s’autorise à l’exprimer.

Elle sait s’ajuster et ne se lance pas dans de futiles guerres d’ego avec autrui, au contraire, elle participe pleinement à la vie qui l’entoure.

Je me laisse aimer par les autres et je m’autorise à les aimer

Nous abordons ici, l’un des plus gros handicaps humains: son incapacité à se laisser aimer par les autres et à s’autoriser à les aimer. C’est l’une des expressions les plus courantes du manque de respect personnel.

L’une des façons de ne pas se laisser aimer est le rejet des compliments faits par autrui. Un compliment nous gêne presqu’à tout coup. Nous nous défendons régulièrement devant un compliment: « Ce n’est rien… j’ai eu de la chance… n’importe qui aurait pu le faire… c’est normal, il n’y a rien là… bah!, je ne suis pas mieux que les autres… », la liste est longue.

Nous devons nous autoriser à communiquer notre amour aussitôt que le besoin s’en fait sentir. Il ne faut plus attendre car nous perdons de beaux événements de notre vie. Un sourire, un toucher, un encouragement, un compliment, une caresse. Ajusté à l’événement, nous devons nous laisser aimer.

Un paysage? Donnons?nous donc le temps de le contempler… Ça aussi c’est s’aimer et se laisser aimer.

Je m’autorise à jouer, à m’amuser et à rire

Pour plusieurs personnes, il y a un âge pour rire et s’amuser et un pour être sérieux. C’est une philosophie de la vie qui est néfaste. Trop souvent, en devenant adultes, les gens ont enterré le rire, le jeu et le plaisir de vivre. Pourtant nous en avons tous besoin, c’est une nourriture, une source d’énergie et de vie.

Pire, le refoulement inconscient de ce besoin amène plusieurs personnes à interdire aux autres de s’amuser autour d’elles. Des parents, des professionnels de l’éducation et des spécialistes ne peuvent plus jouer et interdisent le jeu.

Une personne qui se respecte s’autorise à jouer, à rire et se nourrit de voir les autres en faire autant.

Je ne me prive pas des choses, des gens ou des événements et je profite au maximum de tout ce qui passe.

Le fait de se priver passe souvent inaperçu. Nous pouvons avoir l’impression de nous en permettre assez et limiter ainsi nos occasions de profiter de la vie.

Nous devons accepter un compliment sans frémir. Nous devons accepter un cadeau sans avoir l’impression que c’est trop pour nous. Nous devons accepter les bonnes choses de la vie sans dire que c’est trop beau. Nous devons accepter l’aide d’un ami sans nous sentir inférieur ou dérangeant.

Nous devons relaxer en face de la vie.

Nous devons prendre ce qui passe et en profiter au maximum. C’est la seule façon de pouvoir donner de façon juste et intelligente.

Il faut s’entraîner à discerner entre le respect véritable et la crainte. De cette façon, nous n’enseignerons pas la peur, la crainte et la haine.

Personne ne peut respecter autrui s’il ne se respecte pas lui?même avant.

Le respect d’autrui sans le respect personnel est de la crainte ou de la soumission. Jamais le respect ne ressemble à cela.

Notre savant venait de faire une grande découverte, tant pour la science nucléaire que pour l’éducation. Il avait découvert que si les particules lancées contre les noyaux des atomes rebondissaient, c’était qu’elles allaient trop vite. Comme les pierres lancées sur la surface de l’eau: plus elles vont vite, plus elles rebondissent. Ce n’est que quand elles ont perdu leur vitesse qu’elles s’enfoncent dans l’eau.

La logique à solutions.

Les savants se servent maintenant de l’eau lourde dans les réacteurs nucléaires pour ralentir les particules.

En éducation, cette découverte s’applique aussi. Plus nous voulons aller vite dans l’éducation ou dans l’instruction d’un jeune, plus cela peut être pénible.

La pédagogie est comme l’eau lourde des savants. C’est elle qui doit déterminer la vitesse avec laquelle nous devons procéder pour communiquer avec un enfant.

La logique mathématique doit se limiter à ce qui n’est pas humain. La logique humaine ne doit pas s’immiscer dans le monde de la logique mathématique.

Nous devons toujours conserver à l’esprit cette loi essentielle de l’éducation.

Prenons encore un exemple: C’est au tour de votre fille, âgée de douze ans, de laver la vaisselle ce soir. Elle arrive de l’école et vous dit qu’elle est extrêmement fatiguée.

Elle vous demande si elle peut remettre sa corvée au lendemain.

Vous aviez pourtant pris une entente ferme avec elle en ce qui concerne la répartition des tâches domestiques.

La première question: Acceptez-vous ou non?

La logique mathématique suppose que la réponse est NON. En effet, selon cette logique, une entente est une entente, comme deux plus deux font quatre. La jeune fille doit faire son travail, maintenant, même si elle est très fatiguée.

La logique humaine, vous vous en doutez, suppose que la réponse est OUI. En effet, selon cette logique, l’humain passe TOUJOURS avant un règlement, une loi ou une entente.

Les apparentes contradictions

Mais attention, tout n’est pas fini. Une heure plus tard, dans la soirée, votre fille semble retrouver son entrain. Elle ne semble plus du tout fatiguée. Au contraire, elle semble avoir retrouvé toute son énergie.

Vous a-t-elle menti au sujet de sa fatigue?

En logique mathématique, nous répondrons OUI.

Mais en logique humaine, nous aurons tendance à répondre NON. En effet, selon cette logique, il est concevable que la jeune fille, après avoir reçu l’autorisation de son parent de laisser la vaisselle pour ce soir, retrouve son entrain sous l’effet du bonheur d’avoir été dégagée de sa corvée.

La logique humaine appliquée à cette adolescente, nous permettra de comprendre son comportement. Elle nous permettra aussi de prévoir l’avenir, le lendemain. Il y a de grandes chances pour que la jeune fille n’ait pas le goût de faire son travail avant d’aller à l’école.

Probablement qu’elle fera tout pour s’en sauver.

Si nous pensons en logique mathématique et que nous acceptons le deuxième raisonnement, celui de la logique humaine, nous aurons de la difficulté à régir la suite. En effet, si, le lendemain, votre fille n’a absolument pas le temps de laver la vaisselle parce qu’elle ne doit pas arriver en retard à l’école, vous la laisserez partir en critiquant votre décision de la veille.

Mais, selon la logique humaine, les choses ne se passeront pas tout à fait comme ça. La logique du respect.

L’une des autres lois de l’éducation est: JE DOIS ME RESPECTER, AVANT DE RESPECTER LES AUTRES.

Appliquée en logique humaine, cette loi changera notre façon de faire avec la jeune fille, le lendemain. Elle se lève, déjeune et s’apprête à partir car elle a juste le temps d’arriver à l’école. Mais pourtant, peut-être pour la première fois de votre vie, cela ne vous dérangera pas si elle arrive en retard.

Vous êtes prêt à lui faire un billet pour son professeur, mais elle va laver la vaisselle…

La logique mathématique peut nous faire penser que nous aurions mieux fait de lui faire faire son travail la veille. Mais c’est une erreur. En logique humaine, la vaisselle sera faite, bon gré, mal gré, mais le climat de bonheur sera plus présent que de l’autre façon.

Tout au long de notre vie, toutes nos relations avec les autres devront être sous-tendues par la logique humaine.